Récits de vie

Dans cette section du site, nous avons choisi de publier les récits recueillis des personnes que nous avons rencontrées dans le cadre de nos recherches. Nous sommes d’avis que la recherche qui prétend être conduite avec et pour les Autochtones doit non seulement répondre à des questions de recherche définies avec les communautés, mais elle doit aussi s’appuyer sur une méthodologie de collecte et de valorisation des données qui permette aux partenaires de recherche autochtones d’exprimer avec la plus grande latitude possible leur vision du monde. Pour cela, le récit de pratique nous semble l’approche à privilégier. Les récits recueillis doivent être valorisés d’une manière telle qu’ils puissent se suffire à eux-mêmes, c’est-à-dire constituer une représentation fidèle et intelligible de la réalité telle que les auteurs de ces récits la perçoivent. En les publiant ici même, nous souhaitons accomplir une partie de cette valorisation. Il est donc impératif qu’ils ne soient pas découpés pour les besoins d’une analyse. Au contraire, ils doivent avant toute chose être restitués dans leur intégralité et leur subjectivité. Ils pourront ainsi, et devraient même, être publiés de façon autonome. N’oublions pas que les témoignages des acteurs sont en général les seules choses qui résistent à l’épreuve du temps et que les analyses faites en fonction des cadres théoriques à la mode du moment deviennent vite obsolètes. Seule la parole recueillie restera. Il est donc très important de ne pas diluer cette parole. Il faut que dans dix ans, dans cent ans, un lecteur puisse retrouver cette parole dans son intégralité et avec l’intensité avec laquelle elle a été donnée. C’est cette parole et non pas l’analyse savante qui en est faite aujourd’hui qui donnera au lecteur du futur accès à la société d’aujourd’hui.

Certes, l’analyse de type académique est aussi nécessaire. Elle est autant nécessaire au chercheur qu’à l’auteur du récit lui-même puisque l’un comme l’autre se sont engagés dans ce projet collaboratif afin de mieux comprendre une réalité spécifique. Mais avant d’entamer cette analyse, il faut s’assurer que les matériaux collectés et, dans le cas que nous préconisons, les matériaux restitués sous forme de récits, soient suffisamment homogènes, cohérents et indépendants du chercheur pour que celui qui les a fournis puisse s’y reconnaître. Pour cela, il faut, comme nous l’avons exposé, effectuer un parcours itératif entre l’auteur de la narration et celui qui la reconstitue sous forme de récit. Il faut aussi donner à ces récits la liberté d’évoluer en même temps que la pensée de leur auteur se transforme. Ils ne peuvent donc être figés. Tel que nous l’avons dit, ces récits constituent un premier niveau d’analyse, puisqu’ils sont une interprétation immanente du réel. Le second travail d’analyse sera effectué par le ou les chercheurs selon différentes méthodes éprouvées. Toutefois, comme nous l’avons dit, nous privilégions une analyse de type compréhensif qui ne cherche pas à dévoiler les causes mécaniques qui expliquent les actions des individus, mais cherche plutôt à comprendre les valeurs qui orientent leurs actions.

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