La participation à la gouvernance territoriale comme mécanisme de renforcement de la sécurité alimentaire, de la conservation de la biodiversité et de l’empowerment des communautés indigènes de la province du Chimborazo, Équateur

Équipe de recherche

Thibault, Martin, Ph D. Professeur de sociologie, Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire, Université du Québec en Outaouais.

Pablo Andrade, Ph D. Professeur de sciences politiques, Universidad Andian Simon Bolivar.

Stalin Gonzalo Herrera Revelo, Chercheur, Universidad Andina Simon Bolivar.

Otilia Puiggros, Doctorante, Université du Québec en Outaouais.

Annélie Delescluse, Étudiante à la maîtrise, Université du Québec en Outaouais.

Financement

CRDI et CRCGAT

Résumé

La province de Chimborazo est une des provinces parmi les plus pauvres de l’Équateur, on y retrouve les trois cantons aux indices de pauvreté les plus élevés du pays : Colta, Guamote et Alausi.  Selon la FAO, c’est une des régions du monde les plus affectées par l’érosion des sols. Moins de 50% de la superficie totale de la province est apte à l’agriculture. La perte de la biodiversité et la perturbation des écosystèmes compromettent la sécurité alimentaire de la population, majoritairement indigène quechua (70%). Celle-ci souffre de pauvreté chronique, résultat d’une discrimination ethnique et de genre importante et d’une marginalisation issue du processus de construction du projet national équatorien. Afin de contrer cette situation, le gouvernement de la province a élaboré un plan de développement (2005-2020) qui s’articule autour de cinq domaines prioritaires : environnement; sécurité alimentaire; citoyenneté, identité, participation; agriculture; et sécurité des personnes. Le gouvernement et des ONG ont déployées des efforts importants afin d’atteindre ces objectifs. Des améliorations ont été notées mais de manière inégale ce qui refléte surtout un manque de coordination des efforts.

L’objectif principal de ce projet est de développer un partenariat avec l’Universidad Andina Simon Bolivar afin d’effectuer une caractérisation des différents projets réalisés dans la province dans trois des domaines prioritaires définis par le gouvernement. Nous mettrons en relief les bonnes pratiques, les obstacles rencontrés et les leçons apprises en nous appuyant sur la méthodologie de gestion par résultats. Le portrait obtenu permettra d’analyser les projets passés, en cours et à venir à partir d’une matrice de gouvernance territoriale élaborée par la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire. Notre analyse aura deux axes transversaux : le renforcement de l’empowerment indigène et le renforcement de l’équité de genre.

Problématique

La province de Chimborazo est la quatrième province en milieu rural, la plus pauvre de l’Équateur. Située dans la Sierra centrale du pays, elle se trouve dans l’une des régions les plus affectées par l’érosion au monde. Selon une, étude de la FAO1 environ 70% des sols de cette région sont soumis à de processus de dégradation. La désertification augmente d’année en année du fait de la surexploitation des forêts et des pâturages. Moins de 50% de la superficie totale de la province est apte à la production agricole à cause des facteurs climatiques, de la topographie et des déséquilibres écologiques. Dans ce contexte, la perte de biodiversité et la perturbation des écosystèmes forestiers aggravent les processus de changement climatique et compromettent sérieusement la sécurité alimentaire de la population de la province. Celle-ci, majoritairement indigène quechua (70%) souffre de pauvreté chronique, résultat d’une discrimination ethnique et de genre importante et d’une marginalisation issue du processus de construction du projet national équatorien. Trois cantons de la province : Colta, Guamote et Alausi, de population majoritairement indigène sont les plus pauvres du pays.  Dans le « Plan de développement de la province (2005-2020) »2, mise en place par le gouvernement de la province afin de pallier cette situation cinq domaines prioritaires ont été définis : 1) préservation des écosystèmes ; 2) sécurité alimentaire ; 3) citoyenneté, identité et participation ; 4) production agricole et 5) sécurité citoyenne. Des actions gouvernementales et de plusieurs ONG nationales et internationales ont été déployées afin d’atteindre les objectifs de développement de la province et réduire les problèmes de dénutrition affectant les populations indigènes et de contrer les inégalités entre les sexes. Des améliorations ont été observées mais de manière inégale dans les différents secteurs d’intervention reflétant surtout un manque coordination des efforts interinstitutionnels. De ces premières observations nous avons conclu qu’il était nécessaire de faire un recensement  et une analyse des projets réalisés au cours des dernières années afin que les futurs projets puissent être développés en tenant compte d’un diagnostic fondé sur l’analyse des expériences précédentes et des leçons apprises en termes de bonnes pratiques et d’erreurs à éviter. Nous avons décidé d’effectuer une caractérisation des différents projets s’inscrivant dans les trois premiers domaines prioritaires définis par le gouvernement : environnement, sécurité alimentaire et participation citoyenne, en mettant en relief les résultats obtenus dans le domaine des bonnes pratiques, en identifiant les principaux obstacles rencontrés et les leçons apprises. Nous voulons aussi évaluer si et dans quelle mesure les projets développés par les ONG avec le financement de la coopération internationale s’intègrent et complètent ceux développés par la province ou l’État équatorien. La méthode employée sera celle de la Gestion axée sur les résultats – GAR. Le portrait obtenu permettra de comparer les projets passés, en cours et à venir, à partir d’une matrice de gouvernance territoriale élaborée par la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire. Cette recherche action aura deux axes transversaux : le renforcement de l’empowerment indigène et le renforcement de l’équité de genre.

La valeur ajoutée de ce projet réside dans l’analyse des projets grâce à une matrice de gouvernance territoriale et dans la formation et l’appui-conseil que l’UQO apportera dans trois domaines : 1. La gouvernance territoriale, 2. L’intégration de l’approche genre aux projets de développement et 3. L’application systématique de la méthodologie de Gestion axée sur les résultats. Le projet est novateur car il débouchera dans une systématisation des projets réalisés et mettra en lumière les bonnes pratiques et les leçons apprises afin de rendre plus performantes les initiatives futures tout en permettant d’éviter de dupliquer les efforts et connaître les obstacles potentiels. Un tel portrait global n’existe pas pour la province Chimborazo.

Ce projet vise le recensement des projets réalisés en matière d’agriculture et de production alimentaire qui utilisent des techniques respectueuses de l’environnement telles que l’agroforesterie, l’agriculture écologique et la gestion de l’eau par bassin versant, entre autres. Au niveau macro, nous déterminerons si les politiques provinciales ou cantonales et les pratiques de développement actuellement en place ont favorisé ou limité l’atteinte des résultats escomptés. Au niveau méso, nous analyserons les difficultés rencontrées par l’absence ou la non-application des procédures administratives et par la méconnaissance des techniques agricoles de même que par le manque d’équipement. Au niveau micro, nous nous pencherons sur des questions telles que l’accompagnement des projets ou les imprévus qui ont affecté la production alimentaire, l’accroissement des rendements ou la distribution équitable de la nourriture aux ménages ruraux. Dans un deuxième temps le projet analysera le niveau de participation des Autochtones dans les projets en général et des femmes autochtones en particulier.

Objectifs

L’objectif principal de ce projet est d’effectuer une caractérisation des différents projets réalisés dans la province de 2005 à 2013 (période du « Plan stratégique de développement » en cours). Nous ciblons les projets développés dans les trois premiers axes prioritaires définis par le gouvernement : environnement, sécurité alimentaire et participation citoyenne. Nous chercherons à mettre en relief les bonnes pratiques, les principaux obstacles rencontrés et les leçons apprises en utilisant la méthodologie de la Gestion axée sur les résultats – GAR. Le tableau obtenu permettra d’effectuer la comparaison des projets dans le cadre d’une matrice de gouvernance territoriale élaborée par la Chaire de recherche  du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire. Notre analyse aura deux axes transversaux : a. le renforcement de l’empowerment indigène et b. le renforcement de l’équité de genre. Ce projet sera réalisé sur une période de 18 mois.

Activité Scientifique

Martin, Thibault, Otilia Del Carmen Puiggros et Pablo Andrade (Org.). 2014. Colloque La redéfinition de la gouvernance territoriale autochtone en Équateur (Université du Québec en Outaouais, Gatineau, Québec, 8-9 octobre 2014).

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