Le redéploiement des industries extractives en Abitibi

Chercheur responsable

Ph.D. Thibault Martin (UQO)

Co-chercheurs

Dimitri Della Faille, (UQO);

Hugo Asselin, (UQAT);

Suzy Basile (UQAT);

Hervé Thouement, (Université de Bretagne Occidentale);

Erwan Charles, (Université de Bretagne Occidentale).

Assistants de recherche

Annélie Delescluse, Étudiante, Maitrise sciences sociales du développement, UQO;

Roxanne Dupont, Étudiante, Maitrise sciences sociales du développement, UQO;

Jessyca Champagne, Étudiante, Maitrise sciences sociales du développement, UQO.

Valérie Lafrance-Moreau, Étudiante, Maitrise sciences sociales du développement, UQO;Shawn Goodman, Étudiant, Maitrise sciences sociales du développement, UQO;

Laurent Paradis-Charette, Étudiant, Maitrise sciences sociales du développement, UQO;

Financement : CRCGAT et Université de Bretagne Occidentale

Problématique

Les régions nordiques du Québec sont des acteurs importants du développement économique du Québec : exploitation minière, forestière, et hydroélectrique. Aujourd’hui on assiste, du fait de la forte demande en provenance des pays émergents, à une reprise en force du développement minier. Pendant longtemps, l’Etat considérait que ces « régions ressources » pouvaient être exploitées sans autre forme de procès puisqu’elles étaient seulement « habitées par une poignée d’Esquimaux et d’Indiens » selon la formule du premier ministre Robert Bourassa promoteur des grands projets hydroélectriques de la baie James.

Face à cette intrusion du monde industriel qui menaçait leur mode d’existence, les Autochtones se mobilisèrent ; à la suite d’actions juridiques et politiques, ils réussirent à signer des traités « modernes » qui leur garantissent des droits sur leurs territoires. Ces ententes leur ont aussi permis d’atteindre une certaine forme d’autonomie gouvernementale et par-là même, donné la possibilité de définir leur développement social et économique. Toutefois, ces ententes ont des limites : tout d’abord en échange de ces droits, les Autochtones ont dû céder à l’Etat la propriété de la majorité de leur territoire ; celui-ci est donc assujetti aux lois canadiennes et québécoises, dont la Loi sur les mines qui donne à l’Etat le contrôle total sur les ressources minières. Par ailleurs, seules trois nations autochtones ont signé des ententes qui leur garantissent des droits significatifs et leur accordent une autonomie importante, les autres n’ont pas eu la possibilité de faire de tels gains et ont peu d’outils légaux pour s’opposer à l’exploitation de leurs territoires.

Pour relancer l’économie québécoise frappée par la crise actuelle, le gouvernement du Québec a lancé un vaste plan de développement du Nord, connu sous le nom de Plan Nord. Celui-ci concerne un territoire grand comme deux fois la France dans lequel se situe un grand nombre de communautés autochtones. Celles-ci sont fort préoccupées par ce plan, qualifié par plusieurs de démesuré et risqué, car les milliards de dollars d’investissement qui vont vider le Québec d’une grande partie de ses ressources pourraient ne pas entraîner les retombées attendues si le cours des ressources naturelles baisse. Surtout, un doute important plane sur les retombées à long terme des méga projets d’extraction qui commencent à se mettre en place, au sud du territoire du Plan Nord, notamment en Abitibi. Bien qu’elles partagent la même inquiétude, les nations autochtones ont toutefois deux attitudes différentes face au Plan Nord; celles qui ont signé des ententes sont davantage en faveur des projets miniers, car elles y voient un moyen de créer des emplois pour leurs communautés. De plus, les droits qu’elles ont acquis leur permettent d’exercer un contrôle important sur les activités industrielles du Plan Nord et leur permettent aussi d’être partenaires des compagnies minières et donc d’influencer les activités et d’en retirer des profits qui dépassent la simple création d’emploi. Les nations qui n’ont pas signé de traité se sentent par contre impuissantes face à ce projet et n’arrivent pas à négocier des ententes avec les minières qui les satisfont et craignent que les impacts sociaux entraînés par l’arrivée de nombreux travailleurs venus du Sud ne soient durables. Ces nations sont situées dans la frange sud du Nord, où sont se trouvent les seules villes québécoises du Nord. Les non-Autochtones qui habitent ces villes vivant au rythme des mines et du développement forestier (en pleine crise) sont non seulement en faveur de la relance minière, mais ne sont pas très sensibles aux craintes des Autochtones

Publications

Organisation d’un colloque au sein de l’ACFAS (2013). « Les répercussions du redéploiement des activités d’exploitation des ressources naturelles sur la relation des Autochtones au territoire. » Voir section Evénements.

Rapport de recherche en cours de rédaction.

Témoignages en cours de rédaction.

Entrevue à l’émission La Tête au Carré de France Inter : Le grand Nord, gouvernance autochtone et la forêt boréale face aux changements climatiques. http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-le-grand-nord-gouvernance-autochtone-et-la-foret-boreale-face-aux-changeme

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