Décolonisation de l’histoire autochtone.

Chercheure : Helga E. Bories-Sawala (Université de Brême)

Co-chercheur : Thibault Martin Ph.D,

Financement : Conseil des Arts du Canada, CRCGAT

Du  Dernier des Mohicans  à Pocahontas, en passant par Nanook of the North, les Autochtones ont depuis toujours été très présents dans les représentations collectives et l’imaginaire populaire en Amérique du Nord et au-delà. Or, cette présence est surtout mythologique. S’accompagne-t-elle désormais par un réel intérêt pour leur histoire et leurs réalités sociétales ? Quelle place occupe l’histoire autochtone dans l’enseignement scolaire au Québec?

Le présent projet de recherche part des considérations préliminaires suivantes :

  1. Pour comprendre comment une société se conçoit elle-même et comment elle se projette dans l’avenir, l’analyse des valeurs et des connaissances qu’elle souhaite transmettre à la génération future à travers l’enseignement constitue une approche particulièrement fructueuse. L’enseignement de l’histoire, en particulier, joue un rôle essentiel dans la construction identitaire d’une société, dans son ensemble, mais aussi, dans les communautés qui la composent.
  2. Par ailleurs, le récit du passé qu’une société transmet à la génération qui sera appelée à la perpétuer, se réfère implicitement ou explicitement à un NOUS collectif, dont il est très révélateur de comprendre la constitution, et qui s’oppose à un AUTRE.
  3. Le cadre prévu à l’enseignement de l’histoire dans le système scolaire et les contraintes qui en découlent, obligent les auteurs des programmes et manuels ainsi que les enseignants à des choix plus restrictifs qu’au niveau de la recherche universitaire et de l’historiographie académique. Cela concerne autant la variété des aspects qui peuvent être abordés que la pluralité possible des perspectives qui peuvent être présentées.
  4. Par conséquent, la définition des contenus de l’enseignement de l’histoire, n’est jamais sans implication politique. Dans les démocraties, une telle «histoire officielle », découle de débats publics auxquels les milieux professionnels académiques contribuent autant que les divers groupes de la société avec leur mémoire propre et leurs visions d’avenir divergents. Au Canada, la définition de ce NOUS collectif varie traditionnellement entre l’étendue de la Confédération canadienne et sa composante québécoise, et si les Premières Nations (voire les communautés issues de l’immigration) font désormais indéniablement partie de ce récit, leur inclusion dans ce NOUS, ou mieux, ces NOUS respectifs, peut être variable.

La présente étude propose d’analyser la place allouée à l’histoire autochtone dans l’enseignement scolaire par rapport à l’image qu’il transmet des Autochtones et de leur rôle dans l’histoire canadienne et québécoise. Le cas du Québec permettra de prendre en considération une situation doublement complexe. Comment l’histoire des Autochtones peut-elle être intégrée à l’histoire d’une communauté qui en tant que minorité nationale à forte conscience identitaire, oppose, traditionnellement et toujours, ses points de vue sur différents sujets à la perspective canadienne, bien que par ailleurs le Québec se situe tout comme le Canada dans le camp des anciens colonisateurs?

Enfin, dans quelle mesure l’anthropologie, en situant d’emblée les études autochtones dans un autre univers que les sociétés euro-américaines étudiées par des sciences sociales plus « universelles », comme l’histoire et la sociologie, a-t-elle contribué à les mettre en « réserve » ?

Publication

Chapitre de livre:

Martin, Thibault. 2012. « Une guerre peut en cacher une autre ». Dans Représentation, métissage et pourvoir. La dynamique coloniale des échanges entre Autochtones, Européens et Canadiens (XVIe-XXe siècle) : Hommage à Denys Delâge et Réal Ouellet, par Alain Beaulieu, p. 425‑446. Québec, Québec : Les Presses de l’Université Laval.

Martin, Thibault & Brieg capitaine (Org.) Colloque « De retour de la guerre. Femmes, Autochtones et minorités ethniques : regards croisés. », 81ème Congrès de l’ACFAS, Savoirs sans frontières, du 6 au 10 Mai, Montréal;

Rapport:

Bories-Sawala, Helga E. 2014. L’histoire autochtone dans l’enseignement scolaire au Québec, combien, comment, pourquoi? Hypothèses pour un projet de recherche. Gatineau, Québec : Chaire de Recherche du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire, Université du Québec en Outaouais. En ligne. <https://crcgatuqo.files.wordpress.com/2014/08/helga-e-bories-sawala-rapport.pdf>.

Projets de recherches en cours –  Le territoire acteur de la gouvernance sociale – La gouvernance des ressources naturelles – Le territoire : fondement ontologique de l’autochtonie

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